Masques africains : histoire, types et signification des grands masques d'Afrique

Six assiettes carrées, chacune ornée d'un masque africain différent dessiné en noir et sépia

On les voit accrochés aux murs des musées, immobiles derrière une vitre. Mais en Afrique, un masque n'est presque jamais fait pour être regardé de près : il est fait pour danser. Avec son costume, sa musique, ses chants et son danseur, il devient le temps d'une cérémonie un esprit, un ancêtre, un animal ou une personne honorée. Voici les clés pour comprendre les masques africains : à quoi ils servent, qui les porte, comment les reconnaître, et pourquoi ils ont bouleversé l'art moderne.

Les masques africains en bref

  • Où : surtout en Afrique de l'Ouest et en Afrique centrale, des forêts aux savanes.
  • Qui les porte : presque toujours des hommes initiés, avec une exception célèbre, le Sande des femmes mende.
  • À quoi ils servent : initier, enterrer, fêter les récoltes, rendre la justice, protéger, divertir.
  • Formes : masque facial, masque-heaume, cimier, masque d'épaule.
  • Matières : bois, mais aussi fibres, tissu, perles, cauris, métal, plumes.
  • Principe : un masque n'est complet qu'avec son costume, sa danse et sa musique.

Un masque, c'est d'abord une danse

Dans les musées, on ne voit souvent que la partie sculptée. Or le masque africain est un ensemble : le visage de bois, le costume de raphia ou de tissu qui cache entièrement le danseur, les clochettes, les tambours, les chants, les mouvements. Sans tout cela, il est « éteint ». Chez les Baoulé de Côte d'Ivoire, on dit même que la danse est une offrande indispensable : sans elle, l'esprit du masque reste prisonnier.

Le danseur, lui, disparaît. Son identité doit souvent rester secrète : ce n'est plus un homme du village qui danse, c'est l'esprit.

À quoi servent les masques africains ?

  • Initier : dans de nombreuses sociétés, comme le Poro des Sénoufo ou le Sande des femmes de Sierra Leone, les masques accompagnent les jeunes dans leur passage à l'âge adulte et leur enseignent les règles de la vie.
  • Accompagner les morts : aux funérailles, ils honorent le défunt, chassent les esprits mauvais et l'aident à rejoindre les ancêtres. C'est le rôle du Wanyugo sénoufo.
  • Rythmer les saisons : on danse pour les semailles, les récoltes, la pluie.
  • Rendre la justice et maintenir l'ordre : chez les Dan, certains grands masques réglaient les conflits et faisaient respecter les lois.
  • Protéger : contre la sorcellerie, les épidémies, la sécheresse.
  • Divertir et honorer : certains masques dansent le jour pour tous, comme les masques-portraits baoulé qui célèbrent une personne réelle du village.

Les grandes formes de masques

  • Le masque facial se porte devant le visage. C'est la forme la plus connue : masques dan, baoulé, kpélié sénoufo.
  • Le masque-heaume coiffe toute la tête comme un casque, comme le Wanyugo sénoufo ou le masque des femmes sande.
  • Le cimier se fixe sur le sommet du crâne, au-dessus d'un costume qui cache le visage, comme les antilopes Tyi Wara des Bambara du Mali.
  • Le masque d'épaule, très grand, repose sur les épaules du danseur.

Visages d'Afrique : quelques masques célèbres

  • Les masques dan (Côte d'Ivoire, Liberia) : visages ovales aux yeux ronds ou fendus, qui peuvent instruire, juger, divertir ou faire la course. À lire : les masques Dan et Yacouba.
  • Les masques-portraits baoulé (Côte d'Ivoire) : l'image idéalisée d'une personne réelle. À lire : l'art baoulé.
  • Le Wanyugo et le Kpélié sénoufo (Côte d'Ivoire) : l'un terrifiant, l'autre gracieux. À lire : le masque Kpélié.
  • Le masque sande (Sierra Leone, Liberia) : un heaume noir et brillant, au front haut, aux yeux baissés et à la petite bouche, avec une coiffure très élaborée.
  • Les masques gelede (Bénin, Nigeria, Togo) : des cimiers en forme de visage, surmontés de scènes sculptées, parfois satiriques.

Le Sande : les seuls masques portés par des femmes

En Afrique, les masques sont presque toujours portés par des hommes. Il existe une exception célèbre : la société Sande des femmes mende, en Sierra Leone et au Liberia. Toutes les filles y sont initiées, et la société réunit toutes les femmes d'une ville en une force sociale et politique puissante.

Son masque, un heaume de bois noirci, représente un esprit de l'eau et l'idéal de la femme accomplie. Tout y a un sens : le front haut et large dit l'intelligence, les yeux baissés l'humilité, la petite bouche fermée la prudence dans les paroles, et l'évitement des commérages. La coiffure élaborée rappelle qu'une femme a besoin de ses amies pour se coiffer : elle symbolise l'entraide.

Le Gelede : la fête des mères

Chez les Yoruba-nago du Bénin, du Nigeria et du Togo, le Gelede honore Îyà Nlà, la mère primordiale, et le rôle des femmes dans la société. Chaque année après les récoltes, lors des grands événements ou en temps de sécheresse et d'épidémie, des danseurs masqués se produisent la nuit sur la place publique, au son des chants et des tambours. Les masques portent souvent des animaux : le serpent, symbole de pouvoir, et l'oiseau, messager des « mères ». Certains sont pleins d'humour et se moquent des travers de la société. C'est la seule société de masques connue qui soit aussi dirigée par des femmes. Le patrimoine oral du Gelede a été proclamé chef-d'œuvre du patrimoine de l'humanité par l'UNESCO en 2001.

Quand les masques africains ont changé l'art moderne

Au début du XXe siècle, à Paris, quelques artistes découvrent les masques africains, notamment au musée d'Ethnographie du Trocadéro. Le choc est immense. Pablo Picasso s'en inspire pour les visages des deux personnages de droite des Demoiselles d'Avignon (1907), le tableau qui ouvre la voie au cubisme. Matisse, Derain, Braque ou Modigliani collectionnent eux aussi masques et statues. Les artistes y trouvent ce qu'ils cherchent : une façon de représenter le monde sans copier la nature, par la force des formes.

Comment regarder un masque africain ?

  • Chercher le peuple : chaque peuple a son style, reconnaissable aux yeux, à la bouche, à la coiffure.
  • Imaginer la danse : le costume, les mouvements, la musique.
  • Lire les symboles : cornes, oiseaux, caméléons, scarifications ont tous un sens.
  • Respecter le sacré : certains masques ne doivent pas être vus par tous ; ce sont des objets de foi avant d'être des objets d'art.

Notre hommage : Masques et Traditions

Chez KEMI HOME ART, notre collection Masques et Traditions rassemble des masques dessinés d'après des représentations conservées dans des musées, venus de tous les pays d'Afrique. Chaque assiette porte un visage différent, et chaque client peut choisir le sien parmi des centaines de modèles, selon ce qui le touche ou le marque. Chaque motif est préparé dans notre atelier d'Alfortville, puis posé et émaillé à la main avant cuisson, à la commande.

Service de 12 assiettes carrées, motif Masques et Traditions
Service de 12 assiettes carrées, Masques et Traditions
Verres à vin ou à champagne, motif Masques et Traditions
Verre à vin ou à champagne, Masques et Traditions

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Questions fréquentes sur les masques africains

À quoi servent les masques africains ?
À initier les jeunes, accompagner les morts, fêter les récoltes, rendre la justice, protéger la communauté et divertir. Ils rendent visibles les esprits et les ancêtres.

Qui porte les masques africains ?
Presque toujours des hommes initiés, dont l'identité reste cachée. Les femmes mende du Sande, en Sierra Leone, font exception.

Quels sont les masques africains les plus célèbres ?
Les masques dan, baoulé, sénoufo (Kpélié, Wanyugo), sande, gelede, ou encore les cimiers Tyi Wara des Bambara.

Quelle est la différence entre un masque facial et un masque-heaume ?
Le masque facial se porte devant le visage ; le heaume coiffe toute la tête comme un casque.

Les masques africains ont-ils influencé Picasso ?
Oui. Les visages de deux personnages des Demoiselles d'Avignon (1907) s'inspirent de masques africains découverts au musée du Trocadéro.

Peut-on décorer sa maison avec un masque africain ?
Oui, avec respect : beaucoup de masques sont aujourd'hui sculptés pour la décoration. Les masques sacrés anciens, eux, appartiennent à leur communauté.

Sources : UNESCO, le patrimoine oral Gelede · Brooklyn Museum, masque sande · MoMA, Les Demoiselles d'Avignon · Musée du quai Branly

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